Randonnée : Chemin de César

Le nord de la commune de Sainte Gemmes-sur-Loire est limitrophe de la ville d’Angers, fondée par les Romains sous le nom de Juliomagus. Plus aucun vestige n’est visible de cette période antique sur le site des Châteliers qui compta un théâtre (enfoui), un temple et des thermes.


  • Balisage : non
  • Durée : 2h30
  • Distance : 7,6 km
  • Accès au départ : parking du Hutreau


Au fil du parcours


Quitter le parking et entrer dans le parc du Hutreau en direction du château. Longer un plan d’eau sur la droite. Passer devant le château.


En 1872, Armand-François-Rupert Laity, ancien sénateur du Second Empire et préfet des Basses-Pyrénées, achète le domaine du Hutreau. Cet « ami personnel » de Napoléon III lui donne son aspect définitif au château de style néo-Renaissance. Le parc est replanté dans le goût anglais, mais le tracé des allées du XVIIIe siècle est maintenu. Divers propriétaires se succèdent jusqu'à rachat du domaine en 1932 par une société qui le loue aux Ursulines pour y établir un pensionnat. Pendant la guerre, la Gestapo s’y installe. En 1972, la Ville d'Angers achète le domaine. Elle y crée un centre de loisirs ouvert au public sur près de neuf hectares  et une maison de l'enfance.

Sortir du parc et emprunter le chemin du Hutreau sur la gauche jusqu’au croisement avec la route du Hutreau (D 312). Descendre de quelques mètres, longer les grilles et le grand portail métallique du château. Emprunter le chemin de terre sur la gauche qui mène à « L’Onglée ». Le chemin longe le parc du Hutreau sur la gauche et les pépinières Minier (et au loin la ville d’Angers et le quartier de la Roseraie) sur la droite.

Laisser un chemin de terre sur la gauche et continuer tout droit. Un talus herbeux artificiel, parallèle au chemin, s’observe sur la gauche au long de plusieurs dizaines de mètres.

Le site au confluent de la Maine et de la Loire a la forme d’un triangle qui se termine par un abrupt sur le fleuve au sud, à l’emplacement actuel des villages de Sainte Gemmes et Port Thibault. Il était protégé du côté de la Maine à l’ouest par des marais et défendu au nord-est par une bande étroite de roches d’âge primaire sur 3,7 km de long. L’archéologie ancienne pensait que cette crête rocheuse avait été renforcée par un talus et un fossé artificiel de terre et de pierres, tel qu’il se distingue entre le Hutreau et les pépinières Minier. La levée y atteint encore près de 4 m de haut et 7 à 8 m de large. Cette thèse des historiens locaux anciens a été abandonnée par les archéologues contemporains. Le « talus préromain du Camp de César" serait plutôt le résultat du rejet de creusement de carrières ouvertes le long de la crête rocheuse à l'époque médiévale ou moderne.

A l’intersection avec le chemin du Frémureau, prendre sur la gauche.

Sur le côté droit, se trouve le château du Frémureau.

Le domaine du Frémureau comprenait la maison de maître, ainsi qu’un bâtiment, le logement du fermier, un pressoir et un four à pains. La maison de maître a été habitée par Louis-Joseph Yperman (1856-1935). Ce peintre d'origine flamande, « virtuose de l’aquarelle documentaire »,  était spécialisé dans la restauration et le relevé de peinture murale ancienne  (coupole des Invalides, palais des papes d'Avignon, musée des monuments français).

A l’intersection avec le chemin du Hutreau, prendre à droite.

A droite, s’élève le manoir de Bois Brillou.

La propriété de Bois Brillou, située chemin du Bois Brillouse,  occupe un terrain de 7 000 m² dans un site agreste encore préservé. La façade sud du XVIIIème siècle serait le fait de son propriétaire de l’époque. La demeure est partiellement sinistrée en août 1944. Les iris américains du jardin, toujours vivaces, ont été offerts par un officier de l’armée de libération, devenu conservateur du jardin botanique d’Austin (Texas). En 1992, Jean Gruault, scénariste de Truffaut, Resnais, Rivette et Rossellini, évoque ces lieux de son enfance dans son livre « Ce que dit l’autre ».

Laisser sur la gauche le chemin de la Mâcheferrière et continuer sur le chemin du Hutreau.

A gauche, se trouve la demeure des Blancs Misserons.

A l’intersection des chemins du Hutreau et de la Macheferrière, une allée se dirige vers la propriété des « Blancs Misserons ». Le style de certaines boiseries fait remonter la construction de son rez-de-chaussée au XVIIIème siècle. Vers les années 1880, un officier de marine marchande du Nord ajoute un étage et une tour au nord. Le maitre-verrier Jean Clamens (1850-1918) réalise en 1885 des vitraux qui représentent un chou-fleur dans un médaillon et un chrysanthème dans le pendant. Un maraicher horticulteur a peut-être ainsi célébré le succès de ses affaires. Gaston Allard (1838-1918) réalise le parc dont des éléments (bassin fontaine, pont, ruisseau) sont inspirés du parc Montsouris à Paris. Quelle est l’origine du nom de cette la propriété ? Dans le Nord, les moineaux s'appellent des « misserons ». Les « blancs misserons » seraient-ils des oiseaux couverts de givre lors d’un hiver très rude ?

Traverser le hameau de Frémur

A droite, longer la propriété de la Bénétrie.

Le nom de Bénétrie provient de la contraction des mots latins ‘benedictus «  et «  atrium » : « maison bénie ». La partie la plus ancienne de la maison (1634) compte deux bâtiments reliés entre eux. En 1897, s’y ajoute une sorte de tour de trois étages orientée vers l’ouest. En 1794, la demeure est occupée par les trois sœurs Poulain de la Forestrie qui y cachent des prêtres. Elles sont dénoncées, deux d’entre elles arrêtées et fusillées au Champ des Martyrs d’Avrillé (elles seront béatifiées en 1994). En mai 1944, la Bénétrie devient une annexe de l’état-major allemand, situé tout près à Châteaubriant.

Continuer jusqu’à l’intersection avec la route de l’Hermitage et continuer sur le chemin du Hutreau.

Laisser à gauche le chemin du Fresne.

Sur le côté gauche de la route, passer devant Châteaubriant.

Châteaubriant se signale au bord du chemin de la Baumette par deux grilles ouvragées laissant apercevoir la vaste maison d’habitation. L’édifice est un corps de logis central surmonté de deux grands greniers avec frontons vers la Maine et vers la vallée de la Loire. A l’est, une allée bordée par les communs (un muséum d’histoire naturelle, une chapelle ainsi qu’une orangerie) mène à un jardin potager, verger et faisanderie. À l’ouest, une pelouse se termine par un pavillon octogonal. C’est la famille de Châteaubriant, possesseur de la terre au XIIe siècle qui donna son nom à ce fief. Les propriétaires suivants transformèrent la maison principale. Dernier en date, la famille Cointreau en 1898. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1988. L'affichiste et aquarelliste Jean Adrien Mercier y résida jusqu'à sa mort. Le château appartient à sa fille Sylvie Mercier, pianiste concertiste et aquarelliste.

Arriver à la place Albert Cheux et la traverser. En face, se trouve l’ancien couvent de la Baumette

Creusé dans le schiste du Roc de Chanzé, l’ancien couvent de la Baumette offre un panorama imprenable sur la Maine et Angers depuis ses jardins provençaux. Des amandiers, des figuiers qui ont vu passer nombre de célébrités : Charles VIII et Anne de Bretagne, François Rabelais, en jeune novice, Henri IV qui vint entendre les vêpres en 1598, Louis XIII, Du Bellay et tant d'autres....Le constructeur de la chapelle à l’origine du couvent est le roi René, fils de Louis II d'Anjou et Yolande d'Aragon, comte de Provence. Il appela ce couvent « La Baumette » (« Petite Baume ») en souvenir de « La Sainte Baume », montagne de Provence où Marie-Madeleine s’était retirée pour faire pénitence. La Baumette est aujourd’hui classée au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO.

Prendre sur la gauche le sentier de schiste qui descend vers la Maine. Découvrir la rivière.

Prendre à gauche le chemin rural des Communes d’amont.

Longer la propriété de Chanzé sur la gauche.

Le roi René d’Anjou, séduit par le vignoble et l’accès facile par bateau à moins d’une lieue de son château d’Angers, achète la closerie de Chanzé en 1451. Il complète ce domaine par l’acquisition du manoir.. Il le reconstruit très vite. Des peintures murales de la main du prince subsistent dans les combles et à l’étage. Le roi René aime tant le vin produit sur le domaine qu’il le fait transporter par eau jusqu’à Aix-en-Provence. Vendu à la Révolution, Chanzé passe de mains en mains. Les bâtiments sont profondément remaniés après le Premier Empire.

Laisser à droite le chemin des Tourelles.

Le chemin de terre est bordé d’un muret sur la gauche et des prairies de la Maine sur la droite.

Laisser à gauche le chemin de Belligan au bas duquel se trouve le manoir de Belligan.

Le manoir de Belligan a été édifié au XVIème siècle. On peut supposer que son commanditaire était un familier du roi René d’Anjou. Des fresques de la fin du XVème siècle recouvrent les murs de la grande salle du premier étage. Ce décor de nature reproduit des essences et feuillages de la région, des scènes de chasse, des oiseaux de la contrée. Belligan est inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1988.

Arriver à une sorte de rond-point de chemin de terre. Emprunter celui qui monte sur la gauche. Traverser le chemin bitumé du Clos Lorelle. Passer sous la voie de chemin de fer. Traverser la route de l’Hermitage.

Emprunter le chemin du Ruisseau. Prendre à gauche le chemin des Trois Echelles qui monte vers les Châteliers.

Le lieu-dit Les Châteliers  occupe un site archéologique gallo-romain qui comprenait un temple, un théâtre de 87 m de diamètre (adossé à une colline avec des gradins probablement en bois).et de grands thermes publics (125 m sur 58 m). Les terrains  ont été acquis en 1871 par Godard-Faultrier, maire de Sainte Gemmes-sur-Loire et fouillés par lui durant plusieurs années.  Le théâtre subsiste en partie, enterré sous des serres horticoles. Un ancien prieuré avait été établi au XVème siècle par l’abbaye de Saint Georges-sur-Loire.  Il en subsiste un logis sur une haute butte factice, surplombant le chemin du Ruisseau Doré. Tout près, la chapelle Sainte Apolline a été construite au XIIIème siècle sur les fondations du temple disparu. Son nom laisse à penser que l’édifice païen était dédié à Apollon.

Poursuivre sur le chemin des Trois Echelles après l’intersection avec le chemin des Grandes Maisons et le chemin de la Chauvelaie.

Sur la gauche, s’élève le château du Puits de Rezé.

Ce château conserve d’élégants communs du XVIIIème siècle (maison du fermier, écurie…), devenus maison d’habitation. A la suite d’un incendie à la fin du XIXème siècle, la demeure principale est reconstruite, plus vaste et rehaussée. Le château garde la trace de nombreux impacts de balles reçues lors des combats entre Allemands et Américains en août 1944. Il a fait l’objet de restauration dans les années 80.

Au croisement avec le chemin du Hutreau, prendre à droite. Après le rond-point, poursuivre sur ce chemin et regagner le parking du Hutreau.


Association du Camp de César : définition de l’itinéraire commentaires sur les points intéressants du parcours


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